Comité de direction

Quelques enjeux en matière décisionnelle

 

Avec la complexification croissante des entreprises et de leur environnement, les membres des comités de direction sont progressivement amenés à déléguer une partie croissante des tâches décisionnelles et à se concentrer sur la création de conditions favorables aux prises de décision, sur le contrôle de la qualité du processus décisionnel et sur la légitimation des décisions. Une telle évolution soulève de nouveaux enjeux en matière décisionnelle :

  •     La constante professionnalisation des domaines concernés et leur volatilité. Elle amène à associer plus de responsables opérationnels aux décisions. C'est ainsi que le pricing associe de plus en plus les responsables marketing, les chefs de produit, les responsables commerciaux, les responsables d'usine, les contrôleurs de gestion, .. Un tel accoissement de la transversalité touche l'ensemble des thèmes décisionnels : business plan, budget, offres commerciales, politique de recrutement,..
  •     La complexité des décisions. Si l'on n'y fait pas égard, elle conduit progressivement les entreprises vers des processus lourds, rigides, frustrants et consommateur de temps. La solution réside, autant que possible, à simplifier chaque décision en:

 

  • Échelonnant les décisions. Par exemple distinguer dans le processus budgétaire l'étape de fixation des grandes hypothèses d'allocations de ressources, de prix et d'investissement de celle de détermination des objectifs opérationnels et des prix standards.
 
  • Incrémentalisant les décisions. Par exemple on cherchera à faire évoluer les offres produits par "try and fail", ou réalisera des implantations progressives.
 
  • En anticipant sur les décisions de manière à éviter l'impasse coûteuse. Par exemple par une politique de portefeuille de participation ou de technologies.
  •     L'accroissement du nombre de partie prenante et l'accroissement de leur rôle. Il conduit à communiquer davantage sur les décisions et leur rationalité. C'est ainsi que les actionnaires et les financiers cherchent à mieux comprendre le rationnel des décisions et leurs enjeux (business plan) et que les clients veulent plus d'explication sur le ROI d'une offre complexe (business case)
  •     La dissémination décisionnelle. Elle conduit à édicter des guide-lines pour encadrer les prises de décisions : méthodes de préparation des décisions, politique d'exposition aux risques, politique d'évaluation des décisions.

Tant l'organisation des processus décisionnels que les outils facilitant la préparation et le suivi des décisions apparaissent comme des voies de progrès susceptibles d'apporter les réponses à ces enjeux : partage des décisions, baisse du coût de traitement de la complexité décisionnelle et finalement accroissement de la réactivité stratégique de l'entreprise